Bio­lo­gie

Mous­tique tigre (Aedes albo­pic­tus) mâle (gauche) et femelle (droite) – Nico­las Henon

Le mous­tique tigre Aedes albo­pic­tus a été décrit pour la pre­mière fois par Skuse en 1894 [1]. La famille des mous­tiques (Culi­ci­dae) compte envi­ron 3550 espèces [2].

Mor­pho­lo­gie

Avec une taille de 3,5 – à 8 mm [1] Aedes albo­pic­tus appar­tient au groupe de mous­tiques de petite à moyenne taille [3]. Les spé­ci­mens de cette espèce peuvent être dis­tin­gués des autres mous­tiques notam­ment grâce à leur colo­ra­tion noire fon­cée à noire-brune [4]. L’as­pect « tigré » [5] est dû à des écailles blanches argen­tées qui forment un motif visible [6] sur plu­sieurs par­ties du corps :

  • Tous les tarses des pattes arrières noirs pos­sèdent des écailles argen­tées, résul­tant en cinq anneaux clai­re­ment visibles. Les deux paires de pattes avants, par contre, n’ont que deux anneaux, limi­tés aux deux pre­miers tarses [1].
  • Un autre trait dis­tinc­tif du mous­tique tigre est une ligne argen­tée sur la par­tie dor­sale du tho­rax, allant des yeux vers l’ar­rière du corps [6].
  • De plus, les écailles blanches sur le palpe repré­sentent une autre carac­té­ris­tique dis­tincte par rap­port aux autres espèces d’Aedes [4].
  • Les mous­tiques tigres femelles pos­sèdent une trompe com­plè­te­ment noire. Chez les mâles, elle com­porte des anneaux blancs sup­plé­men­taires [3].

Cycle de vie

Stade lar­vaire

Au cours de leur déve­lop­pe­ment, les mous­tiques subissent une méta­mor­phose com­plète et dépendent d’un habi­tat aqua­tique au stade lar­vaire [7]. Le mous­tique tigre passe par quatre stades lar­vaires, qui se ter­minent par une mue à la fin du pro­ces­sus de crois­sance [7]. La vitesse de déve­lop­pe­ment est déter­mi­née par la tem­pé­ra­ture de l’eau [7] ou d’autres fac­teurs impor­tants tels que l’ap­pro­vi­sion­ne­ment en nour­ri­ture dis­po­nible ou la den­sité lar­vaire [8]. La prise de nour­ri­ture est réa­li­sée par brou­tage ou par fil­trage de la colonne d’eau, ingé­rant ainsi de la matière orga­nique et des micro-orga­nismes [7].

Larve de mous­tique tigre (Aedes albo­pic­tus) - Nico­las Henon

Stade nym­phal

Le qua­trième stade lar­vaire se ter­mine avec un stade nym­phal. La nymphe elle-même ne peut plus absor­ber de nour­ri­ture. En rai­son de son corps sclé­rosé, elle ne pos­sède la capa­cité de res­pi­rer à tra­vers le tégu­ment. Les nymphes viennent alors res­pi­rer à la sur­face de l’eau [7] par le biais de trom­pettes res­pi­ra­toires qui leurs apportent l’oxy­gène néces­saire. Une fois la méta­mor­phose ache­vée, le tégu­ment de la nymphe éclate et l’imago se pousse hors de celui-ci [7].

Nymphe de mous­tique tigre (Aedes albo­pic­tus) - Nico­las Henon

Imago - mous­tique adulte

Dans l’heure qui suit l’émer­gence, le mous­tique tigre est capable de voler nor­ma­le­ment [7]. Mais il est géné­ra­le­ment consi­déré comme un mau­vais volant [9]. L’ac­cou­ple­ment a lieu dans les airs [10]. Pour com­plé­ter l’ovo­ge­nèse, la femelle Aedes albo­pic­tus a besoin d’un repas de sang [3], qui est pris de jour [11], pré­fé­ren­tiel­le­ment avant le cou­cher du soleil [12]. Les humains [13] et autres espèces de mam­mi­fères sont les hôtes pri­vi­lé­giés pour ces repas à base de sang [14]. Après l’in­ges­tion d’un repas de sang, les œufs sont pon­dus dans un délai de trois à cinq jours [9]. Seule­ment vingt-quatre heures après la ponte d’un œuf, la femelle Aedes albo­pic­tus peut prendre un nou­veau repas de sang [15].

Emer­gence de mous­tique tigre (Aedes albo­pic­tus) - Nico­las Henon

Éclo­sions et ponte d'œufs

Les sites de ponte pré­fé­rés sont sombres et près du sol [9]. Aedes albo­pic­tus uti­lise néan­moins de nom­breuses zones de repro­duc­tion qui peuvent être très dif­fé­rentes, d’ori­gine natu­relle ou arti­fi­cielle comme des bou­teilles jetées [11]. Pour contrer les fluc­tua­tions du niveau d’eau ou son absence, le mous­tique tigre a la pos­si­bi­lité de pondre des œufs résis­tants à la séche­resse [7]. Ainsi, les larves peuvent sur­vivre plu­sieurs mois dans leurs œufs après l’achè­ve­ment de l’em­bryo­ge­nèse [16]. De plus, des œufs résis­tants au froid dit œufs dia­pau­sants peuvent être pro­duits [17]. Ces œufs peuvent sur­vivre à des condi­tions cli­ma­tiques défa­vo­rables sous des lati­tudes tem­pé­rées [18].

Biblio­gra­phie

1.Skuse, F.A.A., The ban­ded mos­quito of Ben­gal. Indian Museum Note, 1894. 3(5): p. 20.

2.Har­bach, R.E., Valid Spe­cies List. Mos­quito Taxo­no­mic Inven­tory, 2017.

3.Becker, N., et al., Mos­qui­toes and their control. 2010, Ber­lin, Dor­drecht, New York: Sprin­ger-Ver­lag.

4.Savage, H.M. and G.C. Smith, Iden­ti­fi­caion of dama­ged adult female spe­ci­mens of Aedes albo­pic­tus and Aedes aegypti in the New World. Jour­nal of the Ame­ri­can Mos­quito Control Asso­cia­tion, 1994. 10(3): p. 440-442.

5.Becker, N., Influence of cli­mate change on mos­quito deve­lop­ment and mos­quito-borne diseases in Europe. Para­si­to­logy Research, 2008. 103(1): p. 19-28.

6.Huang, Y.-M., Neo­type desi­gna­tion for Aedes (Ste­go­myia) albo­pic­tus (Skuse) (Dip­tera: Culi­ci­dae). Pro­cee­dings of the Ento­mo­lo­gi­cal Society of Washing­ton, 1968. 70(4): p. 297-301.

7.Cle­ments, A.N., The bio­logy of mos­qui­toes. Vol 1, Deve­lop­ment, nutri­tion and repro­duc­tion, ed. C. Hall. 1992. 536.

8.Mori, A., Effects of lar­val den­sity and nutri­tion on some attri­butes of imma­ture and adult Aedes albo­pic­tus. Tro­pi­cal Medi­cine, 1979. 21(2): p. 85-103.

9.Haw­ley, W.A., The bio­logy of Aedes albo­pic­tus. Jour­nal of the Ame­ri­can Mos­quito Control Asso­cia­tion, 1988. 4: p. 2-39.

10.Gubler, D.J. and N.C. Bhat­ta­cha­rya, Obser­va­tions on the repro­duc­tive his­tory of Aedes (Ste­go­myia) albo­pic­tus in the labo­ra­tory. Mos­quito News, 1971. 31(3): p. 356-359.

11.Adhami, J. and P. Rei­ter, Intro­duc­tion and Esta­blish­ment of Aedes (Ste­go­myia) albo­pic­tus Skuse (Dip­tera: Culi­ci­dae) in Alba­nia. Jour­nal of the Ame­ri­can Mos­quito Control Asso­cia­tion, 1998. 14(3): p. 340-343.

12.Abu Has­san, A., C.R. Ada­nan, and W.A. Rah­man, Pat­terns in Aedes albo­pic­tus (Skuse) Popu­la­tion Den­sity, Host-See­king, and Ovi­po­si­tion Beha­vior in Penang, Malay­sia. Jour­nal of Vec­tor Eco­logy, 1996. 21(1): p. 17-21.

13.Heard, P.B., et al., Trans­mis­sion of a Newly Reco­gni­zed Virus (Bunya­vi­ri­dae, Bunya­vi­rus) Iso­la­ted from Aedes albo­pic­tus (Dip­tera: Cui­ci­dae) in Potosi, Mis­souri. Jour­nal of Medi­cal Ento­mo­logy, 1991. 28(5): p. 601-605.

14.Savage, H.M., et al., Host-Fee­ding Pat­terns of Aedes albo­pic­tus (Dip­tera: Culi­ci­dae) at a Tem­pe­rate North Ame­ri­can Site. Jour­nal of Medi­cal Ento­mo­logy, 1993. 30(1): p. 27-34.

15.Mori, A., The gono­tro­phic cycle of Aedes albo­pic­tus in the field. Tro­pi­cal Medi­cine, 1977. 19(3.4): p. 141-146.

16.Gubler, D.J., Com­pa­ri­son of repro­duc­tive poten­tials of Aedes (Ste­go­myia) albo­pic­tus Skuse and Aedes (Ste­go­myia) poly­ne­sien­sis Marks. Mos­quito News, 1970. 30(2): p. 201-209.

17.Han­son, S.M. and G.B.J. Craig, Cold Accli­ma­tion, Dia­pause, and Geo­gra­phic Ori­gin Affect Cold Har­di­ness in Eggs of Aedes albo­pic­tus (Dip­tera: Culi­ci­dae). Jour­nal of Medi­cal Ento­mo­logy, 1994. 31(2): p. 192-201.

18.Haw­ley, W.A., et al., Over­win­te­ring Sur­vi­val of Aedes albo­pic­tus (Dip­tera: Culi­ci­dae) Eggs in Indiana. Jour­nal of Medi­cal Ento­mo­logy, 1989. 26(2): p. 122-129.

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